Colloque UNESCO sur les migrations irrégulières

Colloque UNESCO sur les migrations irrégulières de l’Afrique de l’Ouest vers l’Europe à Grand-Bassam

Le pari réussi de la Commission Nationale Ivoirienne pour l’UNESCO

L’on peut aisément le dire, le professeur Soro Aboudou N’Golo et son équipe de la commission nationale ivoirienne pour l’UNESCO ont réussi à relever un véritable défi majeur. Celui de la parfaite organisation du colloque sous régional sur les migrations irrégulières de l’Afrique de l’Ouest vers l’Europe qui s’est tenu dans la ville de Grand-Bassam classée patrimoine mondiale de l’UNESCO.

Du mardi 12 au jeudi 14 mars 2019, un colloque régional UNESCO sur l’immigration irrégulières s’est tenu à Grand-Bassam sur l’initiative de la Commission nationale ivoirienne pour l’UNESCO afin d’identifier les causes des migrations irrégulières et proposer des solutions susceptibles d’en rendre les conditions plus humaines. Les migrations humaines ont toujours constitué la forme la plus achevée de l’expression de la liberté des peuples en quête de nouveaux sites d’établissement susceptibles de sécuriser leur situation, à la fois d’un point de vue économique, politique, social et juridique. L’Afrique de l’Ouest n’est pas étrangère à ces mouvements de populations. En effet, par sa position stratégique entre l’Afrique du Nord et les zones tropicales, mais aussi par son ouverture sur l’Atlantique et les Amériques, elle a toujours constitué le théâtre d’intenses mobilités et de brassage de populations. Prenant la parole, Kandia Camara, ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, Présidente de la Commission Nationale Ivoirienne pour l’UNESCO a révélé les causes de ce phénomène. « En 2016, l’on a enregistré 2 809 morts en Méditerranée contre 366 en 2013. Depuis 2014, il y a eu plus de 10 000 pertes en vies humaines dans les conditions atroces que l’on sait » a-t-elle révélé. L’immigration irrégulière est pour elle une tragédie des temps modernes. Face à cette situation, la ministre a souhaité qu’il faille abandonner le confort des condamnations faciles. Cela est inopérant et sans issue. En d’autres termes dira-t-elle, « nous devons, sans complaisance et sans passion, interroger cette réalité, car jamais défi ne s’est posé à notre monde et particulièrement à l’espace de la CEDEAO avec autant d’acuité que celui de l’immigration clandestine vers l’Europe. En effet, malgré nos cris d’alerte et nos indignations, les jeunes continuent dans une incompréhension quasi-générale, de se jeter dans le vide, portés par l’énergie d’une quête surréaliste » a déploré Kandia Camara.

« La lutte contre les migrations irrégulières doit être une grande priorité dans nos politiques de développement humain et social » exhortent les ministres  présents à Bassam

Pour le ministre Amon Tanoh, ce phénomène, en raison de son ampleur inquiétante, constitue une préoccupation majeure pour tous les États d’Afrique de l’Ouest et en particulier pour la Côte d’Ivoire. C’est pour cela que plusieurs mécanismes ont été mis en place pour juguler le phénomène, notamment le plan d’action de Marrakech et le processus de Rabat que l’on appelle aussi, le dialogue euro-africain. « Ce plan (plan d’action de Marrakech, ndlr) devrait contribuer à l’atteinte des objectifs du développement durable et viser à parvenir à une compréhension commune des causes profondes de la migration irrégulière et des personnes déplacées de force(…) Le processus de Rabat ou dialogue euro-africain sur la migration et le développement, est un dialogue régional sur la migration et regroupe les pays situés le long de la route migratoire entre l’Afrique Centrale, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique du Nord et l’Europe » a expliqué le ministre. A l’en croire, ce processus ouvre la voie à une gestion concertée et équilibrées des migrations dans un esprit de partenariat et de responsabilité partagée. « Ainsi la vision de la Côte d’Ivoire sur les migrations porte sur la prévention, la sensibilisation au retour des candidats à la migration irrégulière, ainsi que le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales des migrants » a-t-il souligné. Il conclut en indiquant que ce colloque est une opportunité pour repenser les moyens de sensibilisation et de maintien des jeunes, et faire de la lutte contre les migrations irrégulières une grande priorité dans nos politiques de développement humain et social. Ce colloque de Grand-Bassam a eu lieu sur trois jours du 12 au 14 mars et a été axé non seulement sur les recherches et réflexions en migration, mais aussi sur le partage de bonnes pratiques des acteurs de terrain.

REPORTAGE RTI

Avec abidjan.net / Le titre, le surtitre et l’intertitre sont du magazine la Tribune de la paix